Regardant du coin de l'oeil avec une certaine méfiance ce nouvel arrivant, Aldehyde essaya quand même d'oublier sa nature sur le qui vive pour répondre au jeune homme
- "je pense que l'on appelle cela une chimère animée, mais il se vexe lorsque l'on parle de ce simple rang.. Et dans ce cas mieux vaut l'appeler de son vrai nom, Witold Attac’h Fynn Splendens Zoopsie Lou Kawa Sorix Circaète. Il s'est crée de mes peurs et de mes envies, il est ma protection et mon compagnon de tout les jours et..."
Se rendant compte qu'elle commençait à dévoiler un peu trop sa vie privée et ses secrets et ne comprenant pas pourquoi cela sortait aussi facilement, Aldehyde se tut. Elle ne reprit qu'après une courte pause
- "Excusez moi, j'en oublie la politesse...je me nomme Miss di O'dae, Aldehyde" lui tendant sa main afin de continuer les présentations "enchantée Titien, souhaiteriez vous vous joindre à moi?"
Il est des situations où il faut savoir rester à sa place discètement, ranger sa curiosité dans sa poche, mais pour cette fois Titien oublia la bonne conduite. Après tout, ce n'était pas comme si une mère parlait à son petit enfant qui aurait du mal à se tenir bien à table. Quoique...
Les yeux fixés sur le dragonnet, Titien était à la fois fasciné et inquiet par cette créature. Il n'arrivait pas bien à définir si il était en face d'une marionnette d'un genre trés réaliste, ou bien s'il avait à faire à une chimère animée !!! Ne pouvant plus de rester à sa place à contempler bêtement la scène, le brownie se lève de son siège et vient se planter devant Aldehyde.
Il allait ouvrir la bouche, quand il se rendit compte de sa précipitation maladroite, quelque peu déplacé sur le plan de l'étiquette. Mais bon, maintenant qu'il s'était lancé...
"Bonsoir mademoiselle... Je... Je me nomme Titien, et... ma foi, si vous avez un peu de temps à m'accorder, pourrai-je vous demander de quel espèce provient votre petit compagnon ?"
Titien pointe du doigt le petit dragonnet, qu'il a du mal a identifier. Il faut dire que son état de décomposition ne permet pas une identification certaine de son origine...
Un léger fracas lui fit tourner la tête, son chapeau venait de tomber et vu son air elle devait savoir qui en était la faute. Lorsque ses yeux se posèrent enfin sur le fripon, elle chuchota entre ses dents une phrase agacée
- « Witold ! Ne peux tu donc pas faire attention ?! Reviens vers moi avant de ne faire tomber quelque chose de plus voyant. »
Sortant de derrière une des pierres la cheminée, une ... chose, pourrait on dire un animal tant on ne pouvait définir cet organisme de vivant ou de mort. Un petit dragon...un petit squelette de dragon...non, un petit dragon putrefié, deshabillé de quelques parties de ses écailles ternes mais dont l'odeur ne genait pourtant point. On aurait dit la race des Drago Splendens mais en version miniature.
Campé sur ses petites griffes acérées ; de loin, deux yeux en cabochon de diamant noir la regardaient intensément, et si ses orbites n’avaient pas été aussi vides, on aurait comprit à son regard qu’il demandait à s’excuser. Une encolure arquée soutenait une ancienne crinière affilée. Ses ailes de peau étaient trouées par endroit mais gardaient leur majestueux déploiement. Enfin le reste de son corps court où s’attachait une longue queue, rassemblait côtes et colonne vertébrale apparente avec quelques écailles de ci de là. Rajoutons à cela que chacun de ses membres sont attachés par des ficelles reliées à une croix en bois, de telle façon que le petit être à bien du mal à se déplacer comme bon lui semble.
- « Deo ket gwir ! » clama le petit chose en s’élançant vers sa maîtresse
Les mains froides, Titien marche dans les rues du quartir de Deptford à grand pas. Passant devant l'enseigne d'une taverne, "The Elm", le brownie hésite quelques secondes, avant de se décider à entrer pour faire une halte repas.
(Mon estomac réclame son dû depuis une bonne heure déja et cette neige m'a glacé les doigts. Une bonne place près de la cheminée ne serait pas de refus.)
Avisant le maître des lieux de sa présence, Titien dépose sa veste sur l'un des portes-manteaux de l'entrée et se dirige vers l'une des tables disponibles près de l'âtre. En passant devant Aldehyde, il ne remarque pas tout de suite sa nature féérique, et se contente donc de lui adresser un salut courtois en inclinant la tête.
"Mademoiselle"
Puis, se tournant vers la table voisine, il s'assoit avec un soupir de contentement, à la chaleur du feu qui caresse son visage. Il ôte délicatement ses gants blancs et se frictionne doucement les phalanges, en attendant que le tavernier vienne prendre sa commande.